LES SOUVENIRS D'HELENE
Libellés : Histoire du Rouet
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En 1892, laissant derrière lui sa Ligurie natale (San Remo), Giovanni Rolando, 27 ans, accompagné de son frère et de sa soeur -eux aussi en quête de travail- part tenter sa chance en France. Le frère de Giovanni préfèrera finalement chercher fortune en Amérique (on me dit qu'il ne la trouva pas), les deux autres s'installeront au Rouet où ils feront souche.
A l'époque, le Rouet ne manque pas d'industries ni de manufactures. Giovanni trouve rapidement un travail à la Savonnerie Marseillaise de la rue Vandel. Il livre le savon avec le charreton. Le véhicule croule sous le poids des pains de savon et les chevaux sont à la peine quand il s'agit de monter la rue Louis Rège pour aller jusqu'à la gare du Prado.
La famille est alors installée à la rue Roumanille, qu'elle ne quittera d'ailleurs plus.
Rue Vandel - on voit la cheminée, vestige de la Savonnerie Marseillaise
Deux décennies plus tard, Jean, le fils de Giovanni, suivant les traces de son père, commence lui aussi sa carrière à la Savonnerie Marseillaise. En ce temps-là, les ouvriers de la Savonnerie étaient payés à la pièce. Ils ne travaillaient pas le samedi et le dimanche, on disait qu'ils faisaient la "semaine anglaise". La famille arrive à vivre correctement, d'autant que la femme de Jean (originaire des alentours de Turin) ramène un deuxième salaire : elle travaille à la filature de soie. Il faut dire qu'à l'époque la plupart des femmes travaillaient, du moins dans les milieux populaires.
Jean travaillera à la Savonnerie Marseillaise jusqu'à la fermeture. Ensuite, il se fait embaucher à l'Eau Minérale dont les entrepôts se trouvaient à la rue Gaz du Midi. Il livre l'eau minérale dans les bistrots, avec une carriole à cheval (les carrioles à chevaux ont été utlisées jusque dans les années 50). Il y restera jusqu'à sa retraite en 1964. Ses trois fils ont tous travaillé dans le coin : Dédé comme tourneur sur métaux aux Forges du Chantier (avenue de Toulon), Titin comme carrossier et Marius comme chauffeur-routier. A ce jour, la famille Rolando compte 6 générations au Rouet, dont 5 qui ont fréquenté l'école du Rouet.
Ambiance dans le quartier
Dédé, né en 1931, se souvient de l'ambiance conviviale du quartier : les portes des maisons restaient toujours ouvertes, même celle du couloir. On ne les fermait que l'hiver. Il y avait une majorité de gens d'origine italienne, mais aussi pas mal d'Espagnols et d'Arméniens. Tout le monde se connaissait. Le soir, on tirait la chaise devant la porte. Devant chaque maison, il y avait 3 ou 4 personnes. Evidemment, il y avait parfois des disputes (surtout entre femmes!).
Du côté des loisirs, on allait parfois à la mer l'été. Quand ils le pouvaient, les jeunes "châlaient" au tram (le 70 - Gare du Prado).
Fait notable, bien avant l'avènement de la télé, le Rouet, toujours à la pointe de la modernité, a eu sa propre Star Academy. Ca s'appelait "Le Rouet Chante" et c'était un vrai concours de chant où des vedettes étaient invitées (Réda Caire, Fernand Sardou...) La finale se déroulait à l'école et attirait une foule enthousiaste...
A bientôt pour la suite de la saga de nos familles du Rouet!
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Il fut un temps où l'orthographe des noms propres évoluait à la vitesse grand V. Par exemple dans les archives de l'église de Notre-Dame du Rouet, on trouve ces trois orthographes du nom de notre quartier entre 1669 et 1715
Alors en premier on trouve : Le Roiet (voire le Roict mais je n'en suis pas sûre car n'étant pas une spécialiste en paléographie, j'ai un peu de mal à déchiffrer)
Puis du jour au lendemain c'est Le Rouët
En ce qui concerne l'éthymologie du nom, il y a eu plusieurs hypothèses, dont le mot provençal "Roure" (chêne) ou alors un rouet (qui sert à filer). Bon je vais réfléchir encore un peu sur la question et je donnerai ma propre hypothèse dans quelques temps.
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On peut trouver ce traité de mariage (inter-quartier)
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Paule, 82 ans, originaire du Charolais (qui n'est pas un bifteck, mais une région de France), est arrivée au Rouet en 1953 où elle s'installa avec son mari marseillais pur-jus (c'est-à-dire d'origine italienne) au 69 impasse des Economies (entre parenthèse le 69 est devenu aujourd'hui le 5, ce qui semble plus logique puisqu'il n'y avait que 5 maisons dans cette rue)
Ecoutons le témoignage de Paule :
"En 1955 on a acheté la télé chez les Etablissements Rossi au chemin du Rouet. On était les premiers de la rue à avoir la télé, c'était un évènement, tout le quartier était sorti pour nous voir installer l'antenne sur le toit. On habitait dans une courette (la cour des miracles, on l'appelait). Alors tous les voisins venaient voir la télé, y en avait même qui venaient de la rue Roumanille.
Ils montaient le dimanche après-midi et nous demandaient ce qu'il y avait au programme le soir, si ça leur plaisait ils disaient "bon bè on reviendra après souper alors!"
"j'ai jamais oublié le premier jour où on a allumé la télé, il y avait une pièce de théâtre "Ces dames aux chapeaux verts"
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La traverse des juifs prise de la rue Louis Rège
Aujourd'hui la traverse des Juifs... n'existe plus
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Des vestiges de l'ancienne gare du Prado dans le Parc du 26ème Centenaire
Vue de l'ancienne gare du PradoLibellés : Histoire du Rouet

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