mardi 20 juillet 2010

LES SOUVENIRS D'HELENE

J'ai envie de vous parler un peu de ma jeunesse au Rouet. Peut-être vous ai-je connu ? Peut-être êtes-vous beaucoup plus jeune ? je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ....
Mon père, Antonin Féraud était président des A.I.L. du Rouet et participait à l'animation du quartier, temps mémorables chers à mon coeur !Il était souvent au "bar populaire", rue sainte-famille, avec monsieur Andrieu, monsieur Cozzolino, monsieur Ginayhlac, ses amis, et autres anciens du quartier du Rouet. Quelques noms me reviennent : Delfino, Chianucci, del Amicco, Paulet, Ignace, Laggiard (dit "Lary"), Tamagno, Manfredi ... si je me souviens de plusieurs personnes, certains noms me reviennent cependant sans visage et certains autres visages sans nom ... si je voyais des photos je pourrais certainement en reconnaitre beaucoup !
Ils organisaient "le Rouet chante" où des chanteurs en herbe se retrouvaient sur les planches en vedette d'un jour ; ils préparaient des sorties en car auquelles participait tout le quartier ; en route nous chantions à tue-tête, monsieur Cozzolino jouait de la "cacavelle" (une boite recouverte de peau dans laquelle était inséré, je crois, un bambou, sur lequel il faisait glisser une éponge et ça faisait un bruit étrange et sourd, rigolo), nous allions passer la journée au bord de la mer sous les pins, chacun partageait son pique-nique et son pastis (le "pastagas"), il y avait de mémorables parties de boules, des jeux, c'était le bon temps et c'était formidable. Nous allions à la Couronne, à Sausset les pins, au "relais de la belle aurore" aux sources de la naye (?) (je ne sais plus où ça se trouve ...).
Je me souviens aussi des bals du 14 juillet qui se faisaient à l'intersection de la rue sainte famille et de la rue Roger Renzo.La clique défilait dans les rues, dirigée par Serge Cozzolino ; nous avions même des majorettes !Les jeunes faisaient des "boums" dans la salle de réception du bar populaire, pendant que se déroulaient de formidables parties de belote dignes de Pagnol dans le bar !Dans cette même salle nous jouions au loto, tout le quartier, en mangeant des châtaignes grillées à souhait ! Des haricots blancs servaient de pions et lorsqu'on avait "quine" ou "carton plein", on gagnait des paniers garnis et autres lots sympas. Les numéros annoncés étaient accompagnés de sobriquets tels que "11 les jambes à ..." ou "54, boulevard Baille" ... que tout le monde répétait en choeur.
Dans la cour du "bar populaire", nous allions regarder des films en plein air, sous les platanes ... que de temps a passé depuis ces charmantes soirées !J'habitais 20 rue sainte-famille,. Je suis allée à l'école des filles de 1950 à 1956. Je n'ai pas, hélas, des photos de classe de la maternelle et du primaire, peut-être que d'autres anciennes du Rouet en ont ? J'aimerai bien les voir si elles existent.J'ai quitté le Rouet après mon mariage en 1967 à l'église de Notre Dame du Rouet. Mes parents y sont restés jusqu'en 1990 environ

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dimanche 18 juillet 2010

Petits souvenirs de la maternelle du Rouet dans les années 60


En 1963, j'ai fait ma rentrée à la maternelle du Rouet. A vrai dire je n'ai aucun souvenir de cette première année, à part la sieste qu'on faisait l'après-midi, assis sur notre chaise avec les bras croisés sur la table et la tête posée sur les bras. J'avais déjà le sommeil lourd et mon dieu que c'était dur de se réveiller!

Pour ma deuxième année, chez les moyens, les choses sérieuses ont commencé, d'abord ce n'était plus des grandes tables rondes comme chez les bébés, c'était des bureaux rangés l'un derrière l'autre. Ensuite je me souviens d'avoir appris à compter avec des petits bâtons en plastique multicolores. Il me semble même que j'avais commencé à apprendre à lire. L'institutrice s'appelait Mademoiselle AGOSTINI et elle était archi-super gentille. Elle arrivait d'Ajaccio et c'était son premier poste après l'Ecole Normale à Aix. Je la trouvais très belle et surtout je trouvais qu'elle avait de belles dents et de beaux cheveux! Ma cousine Sylvie, elle, était dans la classe de Mme LAVABRE, au fond de la cour, à droite. Chez les grands elle est allée chez Mme CERDAN, la Directrice, dans la classe du premier étage. Dans la classe de Mme CERDAN, il y avait une "imprimerie" qui faisait des bien des envieux, dont moi, car moi j'étais chez Mme CHRISTOL et je n'avais pas droit à l'imprimerie!

A l'entrée de l'école, il y avait la concierge, Mme STEFANAGGI, qui habitait sur place et qui était trèèèèès gentille. Elle blaguait souvent avec ma mémé. Parfois à la place de Mme STEFANAGGI, il y avait une autre dame que j'appelais "la méchante" et qui me faisait peur. Et c'est juste quand cette méchante était là que ma mère se débrouillait de me faire arriver en retard! Dès que ma mère avait le dos tourné elle m'interpellait par mon nom de famille et m'attrapait méchamment par le bras, ce qui suffisait à me terroriser!

En sortant de l'école, quand ma mémé venait me chercher, on allait faire un saut en face de l'école à la charcuterie de tante Jeannette, alors là, que ça sentait bon la charcutaille et les olives cassées! A la droite du magasin, il y avait le coiffeur avec sa boîte de bonbons, et à la gauche du magasin je crois qu'il y avait une boucherie.

C'est tout pour le moment!

Si vous passez par là Diane R, Sylvie qui s'était coincé le pied dans les cabinets, Marco, Jean-Louis, Robert, Michel, Mireille, Isabelle... je pense que ça vous rappellera des souvenirs

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lundi 6 octobre 2008

Le Rouet d'autrefois - Souvenirs d'Alexandre


Je suis né à la rue Liandier en 1921. En face de chez nous, il y avait le charretier Faury, il avait un attelage de deux chevaux qu'il garait devant le 53. Mon père et ma mère travaillaient à la pharmacie militaire à la rue Liandier. En plus, mon père faisait des gâches à la menuiserie Bourguignon. Il faisait des caisses pour les savonneries. Je le revois, il tenait les clous dans sa bouche et il tapait à toute allure avec son marteau.

Je suis allé à l'école du Rouet, puis à Pierre Puget. J'allais au patronage du Prado pendant les vacances, au 131 avenue du Prado, à Timon David. Il y avait une grande cour, la chapelle, la salle de théâtre. On jouait parfois des pièces. On courait beaucoup, on abîmait nos chaussures. Le soir en sortant je cherchais du fil de fer pour réparer mes semelles. Parfois je mangeais chez mon voisin du rez-de-chaussée et comme j'allais au "patro", quand on mangeait les capellans (poissons) il me disait "tu as vu ce qu'on en fait de tes capellans!".

De ma fenêtre au premier étage, parfois je lançais à manger aux rats. Un jour il y en avait un qui était entré chez le voisin et qui l'avait mordu.

Dans la rue, il y avait des ornières. Il y avait un bec de gaz au coin de la rue Liandier et du chemin du Rouet, et un au coin de la rue Liandier et de Roger Renzo. Le type venait les allumer tous les soirs avec une canne briquet. Roger Renzo, c'était un collègue, il était très beau, tout frisé. Il a été fusillé pendant la guerre.

A la rue Borde, il y avait une laiterie. Le laitier passait tous les jours, il venait de St Menet avec son cheval. On l'appelait "Le pastre".
Au coin de la rue Borde il y avait aussi celle qu'on appelait "la rouge", la marchande de légumes.

Nous, on avait de quoi vivre normalement, ma mère avait une bonne place, elle était contremaîtresse.

Il y avait une bonne ambiance dans le quartier. C'était paisible et amical. A l'école c'était du tonnerre. Comme instit, il y avait M. Baudoin. Il apportait de chez lui des instruments comme des microscopes, ce qui me faisait penser qu'il était assez fortuné. Comme directeurs je me souviens de M. Couillé et M. Boédat, une sorte de Raimu. Il y avait aussi M. Honnorat qui frappait avec la baguette. Mais si on se faisait frapper on ne le disait pas car sinon on prenait double ration à la maison.

Je faisais les devoirs sur la commode. Ma mère avait le brevet, elle n'était pas bête. Elle surveillait mes devoirs et me faisait recommencer.

Comme collègue je me souviens de Roger Salel, Roger Renzo et C...i. C...i, le jour de son mariage il est parti. Les frères de la fiancée l'ont poursuivi pour le tuer. Il est parti se cacher en Italie.
Parfois avec les collègues on allait au guintchou, rue des Economies (les huileries), il stockait les arachides. On allait faire le plein de cacahuètes.

A la rue Borde quand il y a eu le bombardement, il y a eu une bombe juste sur une maison seule, de suite après le jeu de boule. J'avais là des collègues : Orame, Bastide.

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dimanche 27 janvier 2008

ITINERAIRE D'UNE FAMILLE DU ROUET DE 1892 A 2007

En 1892, laissant derrière lui sa Ligurie natale (San Remo), Giovanni Rolando, 27 ans, accompagné de son frère et de sa soeur -eux aussi en quête de travail- part tenter sa chance en France. Le frère de Giovanni préfèrera finalement chercher fortune en Amérique (on me dit qu'il ne la trouva pas), les deux autres s'installeront au Rouet où ils feront souche.

A l'époque, le Rouet ne manque pas d'industries ni de manufactures. Giovanni trouve rapidement un travail à la Savonnerie Marseillaise de la rue Vandel. Il livre le savon avec le charreton. Le véhicule croule sous le poids des pains de savon et les chevaux sont à la peine quand il s'agit de monter la rue Louis Rège pour aller jusqu'à la gare du Prado.

La famille est alors installée à la rue Roumanille, qu'elle ne quittera d'ailleurs plus.


Rue Vandel - on voit la cheminée, vestige de la Savonnerie Marseillaise


Deux décennies plus tard, Jean, le fils de Giovanni, suivant les traces de son père, commence lui aussi sa carrière à la Savonnerie Marseillaise. En ce temps-là, les ouvriers de la Savonnerie étaient payés à la pièce. Ils ne travaillaient pas le samedi et le dimanche, on disait qu'ils faisaient la "semaine anglaise". La famille arrive à vivre correctement, d'autant que la femme de Jean (originaire des alentours de Turin) ramène un deuxième salaire : elle travaille à la filature de soie. Il faut dire qu'à l'époque la plupart des femmes travaillaient, du moins dans les milieux populaires.

Jean travaillera à la Savonnerie Marseillaise jusqu'à la fermeture. Ensuite, il se fait embaucher à l'Eau Minérale dont les entrepôts se trouvaient à la rue Gaz du Midi. Il livre l'eau minérale dans les bistrots, avec une carriole à cheval (les carrioles à chevaux ont été utlisées jusque dans les années 50). Il y restera jusqu'à sa retraite en 1964. Ses trois fils ont tous travaillé dans le coin : Dédé comme tourneur sur métaux aux Forges du Chantier (avenue de Toulon), Titin comme carrossier et Marius comme chauffeur-routier. A ce jour, la famille Rolando compte 6 générations au Rouet, dont 5 qui ont fréquenté l'école du Rouet.


Ambiance dans le quartier

Dédé, né en 1931, se souvient de l'ambiance conviviale du quartier : les portes des maisons restaient toujours ouvertes, même celle du couloir. On ne les fermait que l'hiver. Il y avait une majorité de gens d'origine italienne, mais aussi pas mal d'Espagnols et d'Arméniens. Tout le monde se connaissait. Le soir, on tirait la chaise devant la porte. Devant chaque maison, il y avait 3 ou 4 personnes. Evidemment, il y avait parfois des disputes (surtout entre femmes!).
Du côté des loisirs, on allait parfois à la mer l'été. Quand ils le pouvaient, les jeunes "châlaient" au tram (le 70 - Gare du Prado).

Fait notable, bien avant l'avènement de la télé, le Rouet, toujours à la pointe de la modernité, a eu sa propre Star Academy. Ca s'appelait "Le Rouet Chante" et c'était un vrai concours de chant où des vedettes étaient invitées (Réda Caire, Fernand Sardou...) La finale se déroulait à l'école et attirait une foule enthousiaste...

A bientôt pour la suite de la saga de nos familles du Rouet!

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jeudi 15 mars 2007

le Roiet ou le Rouët?

Il fut un temps où l'orthographe des noms propres évoluait à la vitesse grand V. Par exemple dans les archives de l'église de Notre-Dame du Rouet, on trouve ces trois orthographes du nom de notre quartier entre 1669 et 1715

Alors en premier on trouve : Le Roiet (voire le Roict mais je n'en suis pas sûre car n'étant pas une spécialiste en paléographie, j'ai un peu de mal à déchiffrer)

Puis du jour au lendemain c'est Le Rouët

En ce qui concerne l'éthymologie du nom, il y a eu plusieurs hypothèses, dont le mot provençal "Roure" (chêne) ou alors un rouet (qui sert à filer). Bon je vais réfléchir encore un peu sur la question et je donnerai ma propre hypothèse dans quelques temps.

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lundi 26 février 2007

Dans les registres de l'église du Rouet, en 1712

On peut trouver ce traité de mariage (inter-quartier)

Entre Nicolas Bernard fils de Gabriel et de Françoise Bouffier de cette ville de Marseille de la Paroisse de St Laurent, d'une part
Et honête fille Thérèze Patal, fille de Raymond et Jeanne Cayol de cette ville et résidante dans ce quartier du Rouët d'autre,
publié le 30 janvier 1712 en présence des prieurs paysans et de Sr Jean Louis Darlet et Mathieu Patal, fils de Raymond soussigné

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dimanche 25 février 2007

SANGLANTE AGRESSION AU ROUET EN 1904


Le 5 juillet 1904, Marius Kempf a 20 ans, il est né et a vécu au Rouet avec sa mère, arrivée d'Alsace en 1870, et ses 8 frères et soeurs. Trois mois auparavant ils ont fêté en famille la naissance d'Hilarion Marius, son premier neveu, fils de son frère aîné Elie. Ce soir-là au Rouet il y a un spectacle de cirque en plein air, Marius décide de s'y rendre. Il s'engage dans le chemin du Rouet (on peut supposer qu'il arrive de la rue des Economies), -à ce moment-là, c'est un chemin à peine carrossable- et là, horreur! il tombe dans un guet-apens : deux brigands l'attendent et n'hésitent pas à lui tirer dessus à bout portant pour le dévaliser.
On ne sait pas si Marius a survécu.

Source : Guide du Fait-divers Marseillais de Angélique Schaller et Marc Leras aux éditions du Cherche Midi
(les détails "familiaux" sont de moi)

Le guide du fait-divers à Marseille de l'Antiquité à nos jours

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mercredi 22 novembre 2006

L'avènement de la télé au Rouet (années 50)


Paule, 82 ans, originaire du Charolais (qui n'est pas un bifteck, mais une région de France), est arrivée au Rouet en 1953 où elle s'installa avec son mari marseillais pur-jus (c'est-à-dire d'origine italienne) au 69 impasse des Economies (entre parenthèse le 69 est devenu aujourd'hui le 5, ce qui semble plus logique puisqu'il n'y avait que 5 maisons dans cette rue)
Ecoutons le témoignage de Paule :

"En 1955 on a acheté la télé chez les Etablissements Rossi au chemin du Rouet. On était les premiers de la rue à avoir la télé, c'était un évènement, tout le quartier était sorti pour nous voir installer l'antenne sur le toit. On habitait dans une courette (la cour des miracles, on l'appelait). Alors tous les voisins venaient voir la télé, y en avait même qui venaient de la rue Roumanille.
Ils montaient le dimanche après-midi et nous demandaient ce qu'il y avait au programme le soir, si ça leur plaisait ils disaient "bon bè on reviendra après souper alors!"

"j'ai jamais oublié le premier jour où on a allumé la télé, il y avait une pièce de théâtre "Ces dames aux chapeaux verts"

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dimanche 12 novembre 2006

HISTOIRE : LA TRAVERSE DES JUIFS

Voilà ce que dit le Dictionnaire historique des rues de Marseille d'Adrien Blès :

Au quartier du Rouet, entre le chemin du Rouet (rue du Rouet) et l'avenue Cantini, se trouvait un enclos qui servait à l'hôpital St-Eutrope pour inhumer les membres de la communauté de la Sainte Trinité pour la rédemption des Captifs. Ce terrain, entouré d'un mur, n'était pas utilisé par les religieux et ils s'en dessaisirent le 15 octobre 1783 au profit de J.B. AUDIBERT, procureur pour le compte de tiers. En fait, ce terrain était destiné à y établir un cimetière pour les ressortissants juifs de Marseille.

La traverse des juifs prise de la rue Louis Rège
Au fond on voit la Tour Méditerranée

En 1789, l'existence de cette communauté étant officiellement reconnue, les juifs procédèrent aux inhumations. Au tout début du XIXe siècle, un autre terrain fut acquis en bordure de la route d'Italie. La voie qui donnait accès au cimetière prit le nom de traverse des Juifs.
La "traverse de la traverse" des juifs
qui donnait sur le Parc du 26e centenaire

En 1855, le président du Consistoire israélite achète une propriété au sud-ouest du cimetière St Pierre pour édifier le nouveau cimetière.

La voie qui desservait les deux cimetières est coupée une première fois par la construction de la gare du Sud (ancienne gare du Prado, aujourd'hui Parc du 26e centenaire) en 1867, et lors de l'édification de la Tour Méditerranée. En 1964, les tombes sont transférées au cimetière St Pierre, un petit jardin est créé à cet emplacement.

Aujourd'hui la traverse des Juifs... n'existe plus

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jeudi 2 février 2006

LA GARE DU PRADO


Des vestiges de l'ancienne gare du Prado dans le Parc du 26ème Centenaire


Vue de l'ancienne gare du Prado
(à droite Cantini, à gauche l'avenue Vincent Delpuech)


Ma petite préface au texte de M. DEL GHINGARO :

Avant tout, il faut savoir qu'avant d'être le point de chute de l'upper-middle-class parisiano-parisienne avec la soi-disant movida, la fiesta des docks, la Frich' d'la Bel'-de-Mai et patin-couffin, Marseille était une ville industrielle. Au Rouet il y avait des dizaines d'usines et de manufactures (allumettes, savon, bière etc), il y avait déjà le soleil et le ciel bleu c'est sûr, mais c'était pas très très chic ni à la mode. C'est dans ce contexte que la gare du Prado a été créée.

Bon j'ai fini de me moquer et je laisse la parole à M. DEL GHINGARO, qui lui, au moins, écrit des choses intéressantes :

La gare du Prado fut construite en 1870 et 71 [...] La ville était littéralement empuantie par les émanations des usines existantes ; le besoin se faisant sentir d'en constuitre d'autres dans des banlieues pas trop éloignées et disposant de terrains à peu près plat, c'était le cas du Rouet, de Menpenti, de la Capelette et de Pont-de-Vivaux, ou même de St Giniez. Dans les banlieues nord, les meilleurs terrains, les plus accessibles, étaient déjà occupés. De plus, les fortes déclivités de ces quartiers handicapaient les possibilités d'approvisionnement des fabriques, car où il fallait un attelage de 2 chevaux sur terrain plat, il en fallait 4 pour grimper les déclivités, d'où des transports plus chers, sans compter l'éloignement de la plus proche gare d'expédition.

Il fallait donc se tourner vers les quartiers que nous citons plus haut, qui présentaient toutes les garanties nécessaires. Restait l'écoulement rapide des marchandises vers l'intérieur du pays, et même de l'Europe. Il fallait une gare, et c'est ainsi que naquit la gare du Sud, dite du Prado.

Elle avait deux entrées, une au nord, une au sud, elle était bordée par deux grandes avenues qui permettaient un dégagement rapide et facile du charroi. La gare eut un succès considérable dès les premiers jours de son ouverture.
Texte tiré de "Le Rouet, un long chemin avec mon quartier" publié au Comité du Vieux Marseille

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mercredi 23 novembre 2005

HISTOIRE DU ROUET : LA FOURRIERE DES CHIENS



D'après M. Jean Del Ghingaro
"le Rouet, un long chemin avec mon quartier" publié au Comité du Vieux Marseille


Notre quartier a eu le malencontreux désavantage d'abriter pendant de très nombreuses années la fourrière des chiens. Elle y fut installée en 1898 ; en 1895 existait déjà sur son emplacement une entreprise d'équarissage ; celle-ci cessa son activité en 1932. Les locaux se trouvaient à l'angle de la rue du Rouet et de la rue St Adrien. En 1890, la municipalité avait installé la fourrière des chiens à Menpenti où elle fonctionna quelques années ; les habitants de ce quartier, déjà fort peuplé, réclamèrent par pétition et réclamations indignées son déplacement, ce qui fut fait à notre détriment.

Périodiquement, pour obéir aux arrêtés municipaux, les chiapacants ou si vous préférez, les captureurs de chiens, faisaient une tournée dans le quartier, passant par toutes les rues afin de capturer les chiens par surprise. Ils se servaient pour celà d'un manche du fouet au bout duquel était solidement fixé un noeud coulant ; ce noeud coulant était passé rapidement au cou des chiens en vagabondage qui, aux trois quarts étranglés, n'offraient plus qu'une faible résistance.

Une charrette cahotante équipée spécialement de cages plus ou moins grandes, recevait provisoirement ces pauvres bêtes affolées, un vieux cheval patient et lent traînait avec philosophie ce char du malheur. Lorsque les cages étaient pleines, ce qui ne tardait pas, on ralliait au plus vite la fourrière et l'on déchargeait avec force aboiements et gémissements la cargaison lamentable de ces pauvres animaux.

Les chiapacants, qui étaient payés à la pièce, satisfaits de leur travail, allaient se rafraîchir au bistrot le plus proche ; quant aux chiens, ils attendaient avec désespoir que leurs maîtres viennent les réclamer en payant, bien entendu, une contravention qui s'élevait au prix d'une journée de travail. Cette attente était souvent vaine, car les travailleurs n'avaient pas plus qu'aujourd'hui de grandes possibilités. Avec regret, parfois avec beaucoup de peine, certains étaient obligés d'abandonner leur compagnon à son triste sort. En effet, trois jours après la capture, si le chien n'était pas réclamé, il était livré à l'abattage.

C'est l'action rigoureuse et tenace du CIQ (Comité d'Intérêt de Quartier) du quartier, dont le siège se tenait dans la rue du Rouet, au bar restaurant Véran, qui fut à l'origine de la disparition des deux entreprises. La fourrière des chiens émigra à Saint-Louis

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samedi 12 novembre 2005

MORTS POUR LA FRANCE


Hier, 11 novembre, en hommage aux morts de la "Grande Guerre", un dépôt de gerbe a eu lieu au monument au morts du quartier (qui se trouve dans la rue du Rouet entre la rue de Cassis et la rue Jean Alcazar), en présence d'habitants du Rouet et de représentants de la mairie (M. Tian, Mme Palloix).

C'est l'occasion d'avoir aussi une pensée pour les enfants du Rouet qui ont donné leur vie pour la France lors de la guerre 1939-45. Les nouveaux habitants du Rouet y reconnaîtront les noms des rues du quartier, les anciens y trouveront les noms de leurs amis ou des parents de leurs amis.

(Liste non exhaustive car je n'ai pas de renseignements sur tous)


. Marius RAZZANTI : né à Marseille, (de source sûre, Marius est né à Menpenti, et il a habité à la rue des Economies) 21 rue des Economies, le 4 mai 1911. Maçon. Membre des jeunesses communistes. Lieutenant F.T.F.P. (Francs tireurs partisans) dans la Résistance, tué dans un combat alors qu'il tentait une liaison avec une moto prise aux Allemands, le 22 août 1944 à La Bégude-de-Mazène (Drôme). *Le nom est écrit RAZZENTI sur le dictionnaire des rue de Marseille, mais c'est bien RazzAnti avec un A.


. Roger RENZO : né à Marseille, 67 rue Liandier, en mai 1922. Ebéniste, membre des jeunesses communistes, prend le maquis pour échapper au S.T.O. Dans la Drôme, instructeur dans un groupe de F.T.P., il est envoyé avec d'autres éléments à Valréas, le 8 juin 1944 pour soutenir les résistants qui occupent cette ville. Arrêté, il est fusillé avec d'autres otages par les Allemands, le 12 du même mois. Resté quelques temps "inconnu", son corps est ramené par la suite à Marseille à la demande de sa famille. "Mort pour la France".


. Louis REGE : né à Marseille, 3 rue Jacquand, le 7 juin 1917. F.T.F.P. sous l'Occupation, mort en mission avenue du Prado, alors qu'il portait un message à Mazargues, le 21 aôut 1944. "Mort pour la France".


. Jean ALCAZAR : né à Marseille, Impasse des Economies (de source sûre c'était RUE des Economies), charpentier fer, membre des jeunesses communistes ; arrêté le 4 avril 1941 alors qu'il distribuait des tracts, il est emprisonné à la prison maritime de Toulon. Mort à la suite des sévices et tortures.


. Félix DE BENEDETTI, né en 1926, tué en août 1944, avec deux de ses camarades en mission commandée. Il apportait des directives aux résistants de Vaufrèges.


Tous éléments sont tirés du Dictionnaire Historique des rues de Marseille et je remercie Anne qui me les a fait passer

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dimanche 4 septembre 2005

HISTOIRE : LES ORIGINES DU QUARTIER


Récit de M. Jean Del Ghingaro extrait de son ouvrage "LE ROUET, un long chemin avec mon quartier" publié par le Comité du Vieux Marseille

C'est en 1731 qu'apparut le nom de Notre-Dame du Rouet. A cette époque, une traverse, peu habitée et tortueuse reliait cette église à la ville.

Divers ordres religieux, qui ont laissé des traces, occupèrent successivement le logement qui jouxtait la vieille église, mais ils n'y étaient que de passage et ne pouvaient donc pas être considérés comme des autochtones. L'église resta d'ailleurs plusieurs fois fermée.

Par ailleurs, il est probable qu'une grande ferme se trouvait sur les terrains de Montfuron [Montfuron : l'actuelle zone industrielle qui se trouve au bout de Cantini et du Bd Rabatau et où se situe le stade de l'US ROUET], avec peut-être une vingtaine de paysans, mais le quartier par lui même n'en comptait sûrement pas autant.

Il y eut au moment des croisades deux ou trois familles de religion juive qui vinrent s'installer sur une deuxième traverse plus tortueuse encore, qui s'appela dès lors la traverse des Juifs.

Contrairement à Mazargues ou à Sainte Marguerite par exemple, dont les origines remontent fort loin dans le temps, le Rouet est une paroisse, un quartier, relativement récent. Il fut créé pour les besoins économiques et industriels du XIXe siècle, c'est pourquoi il n'a pas une histoire très ancienne. D'ailleurs, il n'y eut jamais de grandes familles de la noblesse pour venir s'y installer en y laissant des traces dans l'histoire, même s'il y eut quand même quelques familles issues de la bourgeoisie marseillaise qui y ont laissé un souvenir.

Il fallut attendre les environs de 1800 pour voir surgir deux bastides (et cela à cause du blocus anglais des côtes méditerranéennes qui fit se tourner une partie de la population marseillaise vers les travaux de la terre). C'est à cette époque que Montfuron fut morcelé et que deux bastides furent bâties, ainsi que plusieurs fermes et un moulin à grains. En 1890 une troisième bastide apparut sur le Bd Rabatau, nous en parlerons dans un autre chapître.

Dans ses premières années, le quartier a gardé un aspect mi-forestier mi-rural et c'est avec le morcellement de Montfuron qu'apparurent les premiers petits jardins sur lesquels on bâtissait une petite bicoque d'une pièce ou deux. Ce sont les ancêtres des cabanons typiquement marseillais. Longtemps après, ces cabanons disparurent pour faire place à des usines ou des fabriques.

Mme Duplessis, ancienne propriétaire d'une partie des terrains de Montfuron et de la bastide du Bd Rabatau, racontait volontiers, alors qu'elle était déjà fort âgée, que son grand-père venait chasser le gibier d'eau et le lièvre le long du Jarret et de l'Huveaune et même dans les terrains de St Giniez. C'était bien avant 1870. Sur l'emplacement de cette bastide se trouvent maintenant les n° 72 à 82 du Bd Rabatau.

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mercredi 31 août 2005

HISTOIRE DU ROUET : LES ECOLES

M. Jean DEL GHINGARO a fait un remarquable travail d'historien de notre quartier, publié aux éditions dont je ne me rappelle pas le nom, mais que je mentionnerai dès que je l'aurai retrouvé.
Ci-dessous le récit qu'il fait de l'évolution des écoles du Rouet :
Les premières écoles du Rouet furent installées dans un vieil édifice (peut-être d'anciennes écuries) et qui se trouvait à l'angle du Bd de Maillane et de la rue Ste Famille.
C'étaient des écoles confessionnelles tenues par les Frères des Ecoles. Quelques années après, ces écoles furent désaffectées parce que devenues trop petites (elles recevaient aussi des enfants de Menpenti et même de la Capelette). Elles émigrèrent aux 51 et 53 de la rue Ste Famille et furent prises en main par la municipalité qui y installa des instituteurs laïques.
Le directeur s'appelait Michel Marcou, les instituteurs Camille Roche et Henri Sagne. C'était en 1886. [pour compléter le récit de M. Del Ghingaro, je précise qu'en ce qui concerne l'école des filles du Bd de Maillane, qui était tenue par les soeurs de St Vincent de Paul -les soeurs qui portaient des cornettes-, ma grand-mère y est allée jusqu'en 1902, elle était donc encore ouverte à cette époque. Pour l'anecdote, vers 1930, les soeurs, qui s'occupaient de l'éducation de jeunes orphelines et en même temps du patronage, avaient été victimes d'un incendie dans la salle du patronage. Certaines d'entre elles avaient vu leurs cornettes s'enflammer et avaient été légèrement brûlées]
En 1907 furent inaugurées les écoles des rues Ste Famille et Roumanille. Une maternelle s'ouvrit également rue Roger Renzo (anciennement rue de l'Espérance). Pendant la guerre de 1939/45, on avait ouvert des abris dans les cours pour protéger la population des bombardements. Après la guerre, le nombre d'enfants en âge scolaire grandissant, il fallut d'abord monter un étage à l'école des garçons, et en 1967 bâtir un deuxième groupe scolaire rue Raymond Teissère.
Avant et après la guerre de 1914, exista une école confessionnelle rue de Benedetti (anciennement rue de la Ciotat). On l'appelait l'école Truchot. Elle ferma probablement faute d'instituteur ou bien d'élèves payants.

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